200 000ème anniversaire de l’appel du 18 juin
La peur qui, depuis des siècles, est à la tête de nos émotions, a étouffé nos nécessaires aspirations libertaires. Alléguant la défaite de notre libre arbitre, elle s’est mise au service de la morale dominante pour nous imposer une servitude volontaire.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force d’intimidation, d’abêtissement et de frustration des injonctions sociales, politiques ou religieuses. Infiniment plus que leur nombre, ce sont la violence, l’ignorance, la haine portées par la pensée unique qui nous font reculer. Ce sont la violence, l’ignorance, la haine portées par une normalité oppressante qui nourrissent nos angoisses au point d’amener l’humanité là où elle en est aujourd’hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ?
Non !
Croyez-nous, nous qui vous parlons en connaissance de cause et vous disons que rien n’est perdu pour la liberté individuelle. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la liberté n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a de vastes utopies derrière elle. Elle peut faire bloc avec nos fantasmes qui portent nos désirs refoulés et continuent la lutte. Elle peut, comme nos rêves, utiliser sans limites l’immense pouvoir des images et des mots.
Cette guerre n’est pas limitée au territoire de nos soi-disant échecs personnels. Cette guerre n’est pas tranchée par la défaite supposée d’obscures tentatives révolutionnaires. Cette guerre est une guerre totale et permanente. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens pour échapper un jour à la résignation. Foudroyés aujourd’hui par la force de l’habitude, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force volontaire supérieure. Le destin du monde est là.
Nous, invisibles anonymes, actuellement recroquevillés derrière nos nombrils, nous invitons les solitaires qui se terrent au fond d’eux-mêmes ou qui seraient tenter de s’y terrer, avec leurs espoirs ou sans leurs ambitions ; nous invitons les insoumis qui se terrent au fond d’eux-mêmes ou qui seraient tentés de s’y terrer, à se mettre en rapport avec leur préhistorique conscience.
Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance individuelle ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Demain, comme aujourd’hui, nous deviendrons ce que nous sommes.

