« Le gros problème du mois est celui du veau. Comme l’homme, les insectes l’adorent : ils dévorent les reliures anciennes. On en a vu manger “Les Misérables” en une heure et dix-sept minutes. Ils ne font qu’un repas de “La Nouvelle Héloïse”, deux bouchées de “Paul et Virginie”. Je les ai entendus, dans un grenier de province, achever un Voltaire de cent six ans, avec le bruit d’une tondeuse à gazon qui travaillerait sous un lit de plumes. »
(Alexandre Vialatte, Almanach des quatre saisons)
L’échoppe où rôdent ces corps noirs…
Si par un soir d’hiver, voyageur immobile, tu viens pousser la porte de la boutique obscure et te glisses à tâtons au milieu des fossiles de regrets souriants ou de désirs impurs qui jonchent le parquet grinçant du souvenir, il te faudra sonder les replis du hasard pour discerner l’écho de tes premiers soupirs dans les ombres furtives qui hantent les placards. Là, musardent les spectres et gloussent les fantômes, quand le feu d’un regard embrasse ce royaume de serments consumés en fugaces passions. Là, tu cherches ta route, une histoire, la lumière, l’espoir recommencé de grâce ou de pardon. Là, tes songes remontent du pays des mystères…
Trente-six textes courts pour t’en faire voir autant, des chandelles.
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