la langue de poche
Vous parlez trop. On vous le fait remarquer, quelques fois. Poliment bien sûr. En plaisantant, souvent. Mais bientôt, on vous le reprochera. On vous regardera de travers, d’abord. Puis vos collègues vous fuiront, vos voisins vous claqueront la porte au nez et vos cousins seront toujours absents lorsque vous leur téléphonerez. Même vos enfants finiront par espacer de plus en plus leurs visites à la maison de retraite. Plus tard, vous vous retrouverez seul et vous commencerez à parler au cadavre de votre chat jusqu’à ce que, vous aussi, vous vous sentiez incapable de supporter plus longtemps votre incessante logorrhée. Alors vous n’aurez plus qu’à mourir de la même façon : seul, comme un chien trop bavard. Pourtant, c’est plus fort que vous. La vue d’une boulangère vous pousse irrésistiblement à la description minutieuse des vertus comparés de la pluie et du soleil. La rencontre d’un collègue à la photocopieuse enclenche inévitablement votre moulinette à ragots au sujet de Josette qui s’est fait refaire les narines et depuis monsieur Matelote du service contentieux a changé de lunettes. L’obscurité d’une salle de cinéma stimule invariablement votre goût des commentaires oiseux sur la façon dont vous procéderiez pour extraire une balle de colt logée dans le tibia de John Wayne. Bref. Véritablement, vous parlez beaucoup trop. Vous êtes sans doute du reste le premier à le reconnaître mais c’est plus fort que vous. Vous avez toujours quelque chose à dire. C’est presque maladif. Et d’ailleurs ça vous joue des tours, ça vous gâche un peu la vie, reconnaissez-le. Heureusement, nous avons le remède : Langoche©, la langue de poche. D’une conception révolutionnaire, Langoche© est très facile à installer et sait, grâce à une fabrication des plus soignée (70% muscle de bœuf – 30% fibres musculaires diverses), se faire oublier dans n’importe quelle bouche. Mettez là en place en début de journée, au moment de votre toilette, et oubliez-la. Dés que vous vous sentirez sur le point de céder à votre irrésistible manie du commentaire affligeant, de la remarque superflue ou de la suggestion stupide, détachez-la discrètement avant de la glisser dans votre poche. Le tour est joué et pour tous vous deviendrez bientôt un interlocuteur d’une rare et appréciable discrétion.
anti-gaffe – ref. 321987
anti-lieux communs – ref. 852147
anti-ragots – ref. 326654