Nabolliver©

le nain géant

« On a toujours besoin d’un plus petit que soi » prétend le bon sens populaire dont la fulgurance, pas plus que la pertinence, n’ont besoin d’être encore démontrées.
Il est incontestable que la proximité d’un individu de petite taille (plus précisément : d’une taille inférieure à la vôtre), permet de se sentir, selon un principe relativiste des plus élémentaires, plus grand et par suite de renforcer la confiance que l’on s’accorde (ce qui est bien) comme celle que l’on vous accorde (ce qui est mieux).
Faites, pour rire, l’expérience suivante : conviez à diner quelques amis triés sur le volet et au moment de passer à table, placez donc le lion à gauche du pangolin. Vous verrez alors avec quelle aisance votre ami félin captera l’attention de l’assistance à grand renfort d’analyses pointues sur la situation géopolitique au Moyen Orient, d’exégèses avisées des interprétations cinématographiques de Michel Piccoli ou de conseils éclairés sur les fluctuations à prévoir du CAC40. Substituez alors au mammifère insectivore édenté un éléphant (à défaut un T-Rex). Vous n’aurez pas à patienter longtemps pour voir le lion, jusque-là si fier et plein de morgue, se tasser sur son siège. Son œil perdra en brillance menaçante ce qu’il gagnera en crainte vitreuse, sa lèvre tremblotera et sa patte incertaine peinera à saisir le verre de Mouton Rotschild 1956 dont une quantité non négligeable se répandra sur son terne pelage. Ses blagues tomberont à plat alors que ses avis se feront aberrants en même temps que ses jugements grotesques. Lui jadis si majestueux, avec ses épaules larges et sa crinière bien peignée, ses crocs acérés et son menton bien droit comme il sied au roi des animaux, avec la couronne et tout, le voilà vouté comme une vieille carpette mitée réduite à faire des tours de pistes minables dans un cirque de banlieue pour un salaire de smicard, et c’est désormais vers le pachyderme aux dents d’ivoire que se ruent les gonzesses ivres d’admiration moite.
Le phénomène est connu depuis des lustres : si vous voulez briller en société, le plus simple est d’avoir constamment sous la main un plus petit que soi. Mais hic et aïe !
Pour l’ego, okay c’est tout bon, mais pour la morale, c’est une autre paire de manches. Parce que si vous mourrez d’envie de vous trouver une place sur le banc des battants, des conquérants, des grands, vous craignez, en même temps, de dériver sans y avoir pris garde vers le rang des méchants, des pourris, des salopards qui stigmatisent à tour de bras toutes sortes de minorités qui ne leur ont rien demandé. C’est à double tranchant, quand même, cette histoire. Un peu comme enfiler un slip en soie doublé de papier de verre.
Rassurez-vous, avec Nabolliver©, vos scrupules ne seront plus que des mauvais souvenirs.
Grâce à sa taille adaptable à tous les types de situations, Nabolliver©, le fameux nain géant (30% talonnettes – 70% organes divers), vous permettra de vous appuyer sur un faire-valoir à verticalité contrariée sans malmener votre bonne conscience.

Offre spéciale pour les familles nombreuses ou les prétendantes au trône confrontées à une marâtre qu’un abusif égocentrisme allié à une hargneuse jalousie pousse à distribuer des pommes empoisonnées plus souvent qu’à leur tour : lot de 7 nains géants (livrés avec ou sans barbes)

modèle gonflable de voyage – ref.123098

modèle avec porte-clés intégré – ref.439818

modèle nain géant de taille intermédiaire – ref.191923