l’ombre portée
Dans le cœur de chaque homme se cache un secret qui pourrait renverser l’équilibre du monde s’il venait à s’élancer tel quel au-delà des lèvres de celui qui le sent battre sous ses côtelettes. On prétend qu’en mettant bout à bout les ventricules de tous les individus, petits ou grands, qui ont un jour rêvé de partir faire un tour de piste sur la Lune, on pourrait relier Paris à Singapour en moins de temps qu’il n’en faut pour lasser les chaussures d’un mille pattes unijambiste. Mais qui aurait l’idée d’enfoncer un clou avec le piano droit de sa tante Alice ? Qui penserait à détricoter l’épiderme de la bande à Bonnot ? Qui songerait à détourner le cours de la Tamise pour s’assoir sur les genoux de l’Himalaya ? Qui se risquerait enfin à arpenter les rues désertes de son enfance sans prendre la précaution de se munir de la canne blanche d’un danseur de claquettes ? Il en faut alors du courage pour déjouer les pièges de la mésange huppée, ses pièges et le son de sa voix fluette, quand dans l’aube s’élève le chant du cygne des fantômes d’éléphants, avec une pauvre arbalète toute vermoulue pour unique compagne et le son mélancolique de la fontaine de jouvence pour éternelle berceuse. On frôle les murs, on rentre la tête dans les épaules, on fait semblant de rien, de dormir parfois. Mais, on a beau dire, on a beau faire, il faut se la coltiner, la trace de ses souvenirs sur le plancher de son échine dorsale. Dans ces moments là, si on ne peut compter que sur soi-même, au moins peut-on s’aider d’un diable à trois roues dont la légèreté, la maniabilité et la robustesse pourraient en remontrer à plus d’un pachyderme en peau de vent. Pliable et joliment coloré, le diable à trois roues se glisse sous votre ombre plus facilement qu’il ne faudrait et vous transporte tout ça là où vous n’espériez même pas sans doute un jour poser les yeux. Fabriqué à partir de matériaux hors du commun qui ne se trouvent que très rarement sur les marchés de campagne ou d’ici, les trois roues du diable (70% souffre douleur – 30% remords divers) tournent et retournent les refrains de vos illusions perdues dans les déserts de l’ultramoderne solitude. Il sera bien temps de revenir à votre point de départ ensuite, lorsqu’ Ombrex©, votre ombre au sol, marquera l’heure des comptes à rendre.
diable à trois roues – ref.456987
ombre portée – ref.147852
soleil touchant – ref.321654