Richeton©

les billets de luxe

A quoi ça sert d’être pété de thunes si c’est pour payer son champagne millésimé avec le même biffeton que celui que les smicards utilisent pour acheter leur pinard de seconde qualité ? Évidemment, on peut en acheter plus mais quand même. Lorsque les riches roulent en Cadillac rutilante, les pauvres se traînent en vélo rouillé. Lorsque les riches gavent leurs couronnes en or de caviar à la louche, les pauvres grignotent des croûtons rassis du bout de leurs dents cariées. Lorsque les riches pètent dans la soie, les pauvres chient dans la sciure. Lorsque les riches prennent des coups de soleil à Saint-Trop’, les pauvres chopent la crève à Vierzon. Lorsque les riches fument le cigare, les pauvres crachent leurs poumons. Lorsque les riches écoutent une cantate de Bach, les pauvres entendent leur estomac crier famine. Lorsque les riches montent dans l’ascenseur, les pauvres tombent dans l’escalier de service. Bref, les riches et les pauvres n’ont pas les mêmes préoccupations, ni les mêmes goûts, ni les mêmes outils. Et c’est tant mieux parce que sinon, encore une fois, à quoi ça servirait d’être riche ? Pourtant lorsqu’il s’agit de dépenser du fric, il n’y a plus ni riche ni pauvre et le billet de 10 euros que le riche tire de sa liasse est en tout point semblable (exception faite du numéro de série) à celui que le pauvre cherche en vain dans sa poche trouée. Et ça, c’est bien embêtant car lorsqu’il n’y a plus de privilège, il n’y a plus de frontière, plus de repère, plus d’émulation, et disons le tout net plus d’esprit de compétition. Et sans esprit de compétition l’homme s’étiole, se ramollit, passe ses journées à glander comme un loir au lieu de bosser comme un âne, discute avec son voisin au lieu d’acheter une plus grosse voiture que lui, et flirte avec sa voisine au lieu de se faire chier avec sa propre femme. En un mot comme en cent : c’est la fin de la société civilisée. Et ça, ça fout la trouille. Heureusement, nous n’en sommes pas encore là car désormais les riches pourront payer leurs achats avec des vrais billets de riches, des billets de luxe, des Richton©. En papier de soie filigrané, le Richton©, cousu d’or et brodé d’argent (et vice versa), existe déjà en coupure de 10€ (vendu 20€), 20€ (vendu 40€) et 50€ (vendu 100€).

modèle 10€ – ref.101010

modèle 20€ – ref.131459

modèle 50€ – ref.765380