Un aller-retour pour l’inconnu

A l’aube du XXème siècle, après avoir posé ses gros pieds crottés un peu partout sur Terre, des cimes les plus hautes aux abymes les plus profonds, l’Homme, en recherche incessante d’une pelouse autrement verdoyante, entreprit d’aller voir ailleurs si leurs voisins pouvaient ne pas y être.
Si pour les uns, le nouvel horizon se trouvait dans les étoiles, pour d’autres, il devait se chercher dans la quatrième dimension. Les travaux d’Einstein sur la relativité ouvrant des perspectives inattendues aux farfelus de tous poils, les prétendants à un voyage temporel commencèrent ainsi à envahir les rubriques scientifiques de gazettes plus ou moins sérieuses tout autant que les allées du Concours Lépine. Au milieu des charlatans, des utopistes et des rêveurs se cachait un génie véritable, autodidacte aussi méconnu que prodigieux. Mathématicien étonnant, physicien fabuleux, chimiste ahurissant, Roger Palourde était également un électricien hors-pair doublé d’un mécanicien de première bourre. Après quelques inventions réalisées dans le secret de son atelier, juste pour se faire la main (un moteur trois temps fonctionnant à l’eau de vaisselle, un submersible monoplace en forme de requin-marteau, un costume trois pièces en flanelle auto-repassable, un avion propulsé par un très très très gros élastique torsadé, etc.), il se lança donc, un matin de juillet 1912, dans la réalisation de son grand œuvre : la machine à voyager dans le temps. Deux années lui furent nécessaires pour mener à bien sa tâche et ce n’est qu’à la veille de la première guerre mondiale qu’il put enfin serrer le dernier boulon de son engin révolutionnaire. Il ne lui restait plus qu’à l’essayer.
Prudemment, avant de se lancer dans l’inconnu du futur, il décida de tenter un tout petit voyage de rien du tout en revenant quelques minutes dans le passé. Après avoir jeté un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, il synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partiellement vitrées se mirent à vibrer formidablement tandis que s’élevait un grondement sourd dont la fréquence d’ondes s’amplifiait en même temps que la puissance sonore. Roger Palourde craint un instant que ses oreilles d’abord et sa tête ensuite allaient exploser au moment même où ses yeux jailliraient de leurs orbites. Lorsque le calme revint, il inspira profondément, ouvrit la porte du sas et sortit de la machine. Il jeta un œil sur l’horloge de son laboratoire, qui indiquait midi pile, synchronisa le compteur-étalon de sa machine sur la même heure, s’harnacha solidement sur l’unique siège occupant le minuscule espace de la capsule, face à un tableau de bord couvert de cadrans, d’interrupteurs, de rhéostats, de diodes et de manettes, qu’il manipula avec calme et précision, ferma la lourde porte étanche, régla le navigateur de bord sur « -5 minutes » et, d’un doigt tremblant d’émotion, appuya sur le gros bouton rouge de mise en marche. Les parois partielleme

La version originale de ce texte est parue dans le N°1 de Panopticon le premier semestre 2004